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Colloque sur les traités économiques

Wavre (Belgique) : les 17 mai et 18 mai

Programme -Echanges préparatoires - messages - documents - abréviations

Transnationales occidentales, crimes contre l'humanité dans le monde entier

Adresse : CSC Wavre
Pré des querelles, 3
1300 Wavre
(infos pratiques)

Samedi 17 mai

13 h : Accueil

13 h 30 : ouverture du colloque

  1. Présentation de chacun des intervenants
  2. "Politique des USA et de leurs transnationales en Amérique et en Asie" par René-Paul Malevé
  3. "Politique des USA et de leurs transnationales en Afrique et plus particulièrement dans les Grands Lacs" par Albert. Kisonga (ancien ambassadeur)
  4. "Assaut des transnationales US sur l'Union Européenne" (TT) par (?)
  5. "Les conséquences logiques et mortifères de la consommation effrénée des ressources naturelles, et de l'utilisation forcenée des énergies fossiles à base de carbone" par (?).
  6. Le rôle de catalyseur de l'ACM dans la création, les objectifs et l'organisation d'une Alliance Mondiale des Associations de Citoyens, par Pierre.Delmotte
  7. Présentation des fondamentaux de l'Assemblée des Citoyens du Monde" par Daniel Durand

18 h 30 : suspension

Dimanche 18 mai

8 h 30 : reprise des débats. prise de décisions, communication et stratégie

13 h : fin du colloque

En résumé, le développement de l'Occident sur le dos des autres, la contestation des autres, la dégradation générale constatée et aujourd'hui la nécessaire implication de tous les Citoyens si nous voulons éviter la Catastrophe (l'Apocalypse comme disent certains).


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Florian,

Je lisais sur un mur du quartier: " si tu traces une route, attention tu auras du mal à revenir à l'étendue..."

Pour cette rencontre Wavre me semble une belle région qui s'ouvre à nous, j'imagine une sorte d'atelier pour dresser le cadastre de nos forces et de nos faiblesses, pour situer notre géographie et nos possibles dans des territoires habités par des acteurs de notre destin commun.

Je voudrais vous proposer une méthodologie de travail de groupe que j'ai pratiqué pour établir ce cadastre. La problématique mondiale étant globale, elle est complexe et "pluri-verselle". J'aimerais réduire le risque de se perdre sans pour autant simplifier. Merci d'améliorer ou de changer cette proposition qui est fort malléable.

PHASE 1: Qui sont les acteurs, où sont ils ?

Situons géographiquement et socialement les acteurs et leurs importances (lister les acteurs).

L'idée est de préciser le champ dans lequel nous agissons et identifier le rapport de force sans le "problèmatiser" a priori.

C'est une phase cartographique de l'état des lieux et des forces en jeux.

PHASE 2: Préciser et énoncer la situation concrète insatisfaisante (SCI).

Description du constat problématique et énonciation commune du problème.

Attention dans cette phase il ne faut pas encore venir avec des solutions, mais identifier de manière palpable ce que nous voulons changer. Ce sera le point alpha de notre évaluation a posteriori.

PHASE 3: Faire la chaîne des pourquoi, à partir de la situation concrète insatisfaisante (SCI). Chercher le pourquoi de la SCI, puis le pourquoi du pourquoi, et ainsi de suite jusqu'à avoir l'impression d'avoir fait le tour de la question. Réfléchir ensemble, confronter nos intuitions, débattre et réfléchir le pourquoi du comment de cette SCI particulière. C'est une réflexion stratégique des ramifications d'un problème particulier.

PHASE 4: Dresser 3 hypothèses de solutions sur les quelles nous pouvons travailler.

Pour conclure, mettre ces 3 hypothèses en parallèle avec notre situation, nos ressources et nos faiblesses).

L'idée maitresse de cette méthode, est d'éviter de fixer trop vite une "pseudo" solution qui n'appartient pas à l'intelligence collective du groupe. Éviter de s'attaquer aux symptômes sans atteindre les causes. Nous pourrions essayer ainsi de faire stratégie ensemble et nous rencontrer; puis par la suite agir consciemment et évaluer ensemble nos résultats.

OBJECTIF: faire ensemble quelque chose pour refuser l'inacceptable. Déterminer ensemble que faire pour résister où; et puis le faire en partant de nos possibles, sans rêver d'un grand tout, participer et jouer notre rôle, ici et maintenant.

Pour bien distribuer la parole, chaque phase pourrait faire l'effort d'un tour de table et d'une conclusion collective. Si nous voulons condenser la rencontre on peut imaginer une journée de travail (4x1h30=6h + manger ensemble à midi). Peut-être à Wavre ?

Pour partager une grille d'analyse je voudrais inviter les autres groupes et territoires mondialisés à se poser les mêmes questions, pour croiser nos réponse dans un cadastre situé de nos forces et de nos faiblesses.

Et pourquoi pas partager mondialement quelques lectures préparatoires.

Le bureau d'étude mondialiste (et l'université d'été) pourrait renforcer de leur expérience la rencontre.

Florian.


Pierre

Bonjour à tous,

le dernier chapitre du livre d'Oliver Stone m'ayant paru très important, j'ai cru bon d'enregistrer malgré tout les neuf dernières pages. Je vous propose d'aller jeter un coup d'œil en tout premier lieu sur l'avant dernier chapitre que je résumerai comme suit : "Le véritable espoir se trouve désormais entre les mains des citoyens du monde entier". C'est tout dire ! Rappelez-vous en même temps les propos de Joseph Stiglitz (voir le mail d'hier ) : "Nous devons, dans le monde entier, travailler ensemble à résoudre les problèmes auxquels nous sommes tous confrontés". Ainsi que ceux d'Edgar Morin dans "La Voie. Pour l'avenir de l'humanité" : "Face à la montée des périls dus au capitalisme financier, il y a une urgence indispensable à fédérer dans une Voie nouvelle, toutes les réformes à entreprendre".

C'est clair et net, puisque les élus occidentaux sont liés de très près aux oligarques, de nombreux intellectuels du monde entier, appellent les Citoyens et leurs associations à une révolution mondiale. Comment faire confiance en effet à des gens qui ne pensent qu'à mentir, agresser, exterminer, piller et s'enrichir. Ils nous mènent tout droit vers l'Abîme. Ces intellectuels nous disent : "Indignez-vous, révoltez-vous, engagez-vous, fédérez-vous ...". C'est un peu facile !! Ne devraient-ils pas se concerter et mettre au point eux-mêmes les bases d'une révolution profonde, pacifique et mûrement réfléchie, qui remplaceraient des révoltes violentes inefficaces et anti-productives ? Pour ensuite l'organiser et la diriger ? Je suis certain que beaucoup de gens seraient prêts à y apporter leur concours.

Dans les pages que vous lirez, l'auteur traite des points suivants, concernant les Etats-Unis toujours : une politique étrangère mal inspirée - des désastres incontestables - un soutien en sous-main pour favoriser un changement de régime en Lybie et la mort de Kadhafi - le constat que seuls leurs alliés ont le droit de massacrer leurs citoyens - l'appui continu à un gouvernement israélien de droite, souvent extrême, qui malgré l'abandon par l'Iran de ses programmes nucléaires depuis 2003, avait malgré tout voulu l'attaquer - le fait qu'ils subissent partout les effets d'un siècle de constant soutien à des dictateurs qui favorisaient leurs intérêts commerciaux et politiques, au détriment du bien-être de leurs compatriotes.

Le constat également que la prétendue guerre contre le terrorisme a coûté annuellement un milliard de dollars par djihadiste pour constater in fine qu'il y avait énormément de ressources minérales en Afghanistan. Et surtout, à plusieurs reprises, des exemples de la préparation de la guerre contre la Chine, y compris par certains traités de libre-échange. Tout se tient évidemment ... pour ceux qui veulent bien comprendre. Et pendant ce temps-là, des gens se révoltent aux quatre coins du monde, Etats-Unis compris, parce qu'ils sont de plus en plus exploités et maltraités par des oligarchies puissantes et criminelles. Qu'il faudra bien transférer un jour ou l'autre devant la CPI.

Et pendant ce temps-là aussi, pour faire oublier leurs immenses crimes contre l'humanité, ils attaquent, tous ensemble, jour et nuit, dans tous les médias, de toutes les manières et quoi qu'il fasse, le président russe Vladimir Poutine. Il est devenu l'ennemi public n°1 de l'Occident, l'homme à abattre ... Cohn-Bendit, c'est quasi tous les matins sur Europe1, la haine dégouline de ses propos. C'est absolument incroyable ! C'est pire encore que la propagande haineuse contre le président Habyarimana qui avait finalement été abattu par Kagamé et ses parrains il y aura 20 ans dans un mois. Et pourtant ce n'était pas rien !! Je vous l'ai déjà dit, ce sont des barbares.

Je vous en souhaite une bonne lecture.

Pierre Delmotte, Citoyen du Monde.

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Messages reçus

.Honoré Subohoro (Rutshuru, R.D.Congo), Yves et Monique Dusser (Saumur, France), François Terroir (Montauban, France), Gilliane Le Gallic (Paris, France), Gilberte Catalifaud, (France), Ousmane N'Diaye (Dahra Djolof, Sénégal), Serge Levillayer (Granville, France), Florian Ruymen (Bruxelles, Belgique), Jean-Guy Ancelin (Plouezec, France), Jean Verstraeten (Hove, Belgique), Sidy Samaké (Dakar, Sénégal), Claude Desty (Port-au-Prince, Haïti),

Très bonne initiative. Le Tafta est une abomination tout comme la cécité des décideurs en terme de climat. Tous les leaders depuis 1972 quand le premier rapport annonçant les risques climatiques et la menace sur l'humanité devraient être poursuivis en cour de justice...
Je n'ai plus le temps de m'organiser pour changer mes plans pour le week end prochain, mais j'y aurais volontiers dit quelques mots sur les ressources.
Bon colloque
Gilliane Le Gallic

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Annexes

 documents audio-visuels :

 autres :


La clé pour comprendre ce qui se passe

« Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble l’entité adéquate pour le faire. » Ces mots confiés par David Rockefeller au magazine américain Newsweek, le 1 février 1999, fournissent la clé pour comprendre ce qui se passe depuis une trentaine d’années et qu’on appelle « mondialisation néolibérale ». Déléguer au secteur privé la maîtrise des choix ou, pour l’exprimer à la manière pudique de journaux comme Le Monde ou Les Echos, « redéfinir le périmètre de l’Etat », c’est l’objectif du patronat et des milieux financiers.

Cet objectif, est en passe d’être atteint avec le projet intitulé « Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement ». Derrière les termes anodins pour désigner un accord classique de libre-échange se cache un projet d’une ampleur radicalement différente.

En effet, le 14 juin 2013, les gouvernements de l’Union européenne, ont demandé à la Commission européenne de négocier avec les Etats-Unis la création d’un grand marché transatlantique. Confier aux firmes privées la possibilité de décider des normes sociales, sanitaires, alimentaires, environnementales, culturelles et techniques, c’est désormais l’objectif des firmes transnationales et des gouvernements d’Europe et des USA dont ils sont l’instrument politique.

C’est ce que révèle ce livre qui décrypte les 46 articles du mandat de négociation confié par les 28 gouvernements de l’UE à la Commission européenne. Un mandat dont le texte officiel, frappé du sceau du secret, n’existe qu’en anglais.

Marc Raoul Jennar (voir sa bio ici http://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul-Marc_Jennar et son blog http://www.jennar.fr/) était à la librairie Torcatis à Perpignan pour présenter son livre sur " Le grand Marché transatlantique" aux éditions Cap Béar, l'archipel contre attaque a pu avoir un entretien.


7 bonnes raisons de s'opposer

FIGAROVOX/TRIBUNE - Bien que partisan de l'Europe, le sénateur centriste Jean Arthuis s'oppose fermement au traité de libre-échange transatlantique actuellement négocié par les Etats-Unis et les autorités européennes. Il expose ici les dangers que ferait peser cet accord sur la France et sur l'Europe.

C'est une chose de vouloir abaisser les barrières tarifaires et faire converger les réglementations, pour accroître le commerce et les investissements de part et d'autre de l'Atlantique. C'en est une autre de laisser Washington piétiner les intérêts européens sans avoir le courage de les défendre avec fermeté. C'est pourquoi, bien qu'issu d'une famille politique traditionnellement favorable au libre-échange et à l'alliance atlantique, je suis contre l'Accord transatlantique de libre-échange actuellement négocié par les Etats-Unis et les autorités européennes.

À cela, sept raisons précises et concrètes.

Premièrement, je m'oppose à l'arbitrage privé des litiges entre Etats et entreprises. Demain, suivant la proposition des Etats-Unis, une entreprise s'estimant lésée par la décision politique d'un gouvernement pourrait y recourir. Une telle procédure est rigoureusement contraire à l'idée que je me fais de la souveraineté des Etats.

Je m'oppose à la signature d'un accord avec une puissance qui espionne massivement et systématiquement mes concitoyens européens, ainsi que les entreprises européennes.

Deuxièmement, je m'oppose à toute remise en cause du système européen des appellations d'origine. Demain, suivant la proposition des Etats-Unis, il n'y aurait plus qu'un registre non contraignant, et uniquement pour les vins et spiritueux. Une telle réforme tuerait nombre de productions locales européennes dont la valeur repose sur leur origine certifiée.

Troisièmement, je m'oppose à la signature d'un accord avec une puissance qui espionne massivement et systématiquement mes concitoyens européens, ainsi que les entreprises européennes. Les révélations d'Edward Snowden sont à cet égard édifiantes. Aussi longtemps que l'accord ne protège pas les données personnelles des citoyens européens et américains, il ne saurait être signé.

Quatrièmement, les Etats-Unis proposent un espace financier commun transatlantique, mais ils refusent catégoriquement une régulation commune de la finance, de même qu'ils refusent d'abolir les discriminations systématiques faites par les places financières américaines à l'encontre des services financiers européens. C'est vouloir le beurre et l'argent du beurre: je m'oppose à cette idée d'un espace commun sans règles communes et qui maintiendrait les discriminations commerciales.

Washington doit comprendre une fois pour toutes que nonobstant son insistance, nous ne voulons dans nos assiettes ni des animaux traités aux hormones de croissance, ni de produits issus d'OGM, ni de la décontamination chimique des viandes ...

Cinquièmement, je m'oppose à la remise en cause de la protection sanitaire européenne. Washington doit comprendre une fois pour toutes que nonobstant son insistance, nous ne voulons dans nos assiettes ni des animaux traités aux hormones de croissance, ni de produits issus d'OGM, ni de la décontamination chimique des viandes, ni de semences génétiquement modifiées, ni d'antibiotiques non thérapeutiques dans l'alimentation animale.

Sixièmement, je m'oppose à la signature d'un accord s'il n'inclut pas la fin du dumping monétaire américain. Depuis la suppression de la convertibilité-or du dollar et le passage au système des changes flottants, le dollar est à la fois monnaie nationale étasunienne, et unité principale de réserve et d'échanges dans le monde. La Réserve fédérale pratique donc sans cesse le dumping monétaire, en agissant sur la quantité de dollars disponible pour favoriser les exportations des Etats-Unis. La suppression de cet avantage déloyal suppose, comme le propose la Chine, de faire des «droits de tirage spéciaux» du FMI la nouvelle monnaie mondiale de référence. En termes de compétitivité, l'arme monétaire a le même effet que les droits de douane.

Septièmement, au-delà du seul secteur audiovisuel, étendard de l'actuel gouvernement qui sert de cache-sexe à sa lâcheté sur tous les autres intérêts européens dans la négociation, je veux que toute l'exception culturelle soit défendue. Notamment, il est inacceptable de laisser les services numériques naissants d'Europe se faire balayer par les géants américains tels que Google, Amazon ou Netflix. Géants, maîtres absolus en optimisation fiscale, qui font de l'Europe une «colonie numérique».

En définitive, dans cette négociation, l'Europe s'avère avoir peur de défendre nos intérêts.

D'ores et déjà, à l'approche des élections européennes, les deux extrêmes font leur miel des lâchetés des autorités européennes dans la négociation avec Washington. Leur europhobie ne saurait se nourrir plus longtemps de notre manque de courage politique. Il est grand temps que la classe politique républicaine, avec calme, responsabilité et sang-froid, dise non à l'Accord transatlantique.

En définitive, dans cette négociation, l'Europe s'avère avoir peur de défendre nos intérêts. Or, elle seule en a la force et l'envergure. Plutôt qu'une Europe timorée, inféodée, c'est cette Europe de courage et de fermeté que j'entends défendre. Du reste, cette voie du courage est le seul chemin pour un accord véritablement équitable de libre échange.

Initialement publié sur Facebook


Tafta, toxique pour les produits chimiques européens?

Sous la plume de la Commission européenne, il s'agit de réduire la "paperasserie" et de faire la chasse aux taxes douanières inutiles. Aux yeux de quantité d'ONG, associations et partis politiques européens, le Tafta ressemble plutôt à un ogre libéral, prêt à dévorer toutes les réglementations, et spécialement dans le domaine de l'environnement. Objet de toutes leurs inquiétudes: la mise en coupe réglée des réglementations européennes consacrées aux produits chimiques. C'est le sens de l'appel lancé par plusieurs associations françaises[1], qui appellent à signer une pétition[2] de refus de ce Trans-Atlantic Free Trade Agreement[3] (Tafta), dont le 4e cycle de négociation se tient du 10 au 14 mars prochain à Bruxelles.

"Contrairement à la faiblesse du système de gestion des produits chimiques du gouvernement fédéral des Etats-Unis, l'UE a commencé à mettre en œuvre des politiques relativement plus sévères, sur lesquelles se sont alignés ses principaux partenaires commerciaux en Asie. Ces efforts réglementaires au sein de l'UE et leur promotion à l'étranger présentent des bénéfices tangibles pour protéger les Européens contre les produits chimiques toxiques, contrairement au système fédéral américain." En cause: la charge qui pèse sur les épaules de l'agence de protection de l'environnement américaine (EPA) de rapporter la preuve du risque déraisonnable d'un produit avant de pouvoir lui appliquer une règle restrictive. "A cause de ce mécanisme, seules 5 substances chimiques 'existantes' parmi environ 62.000 ont été restreintes en vertu du 'Toxic Substances Control Act'", écrit Vito Buonsante, membre de l'ONG ClientEarth dans une tribune.

En Europe, le fardeau de la preuve scientifique incombe à l'industriel. "Malgré une opposition américaine constante, l'Europe a su adopter de nouvelles réglementations importantes pour générer des informations sur les produits chimiques industriels les plus couramment utilisés et pour réduire l'utilisation de ceux qui présentent des risques ingérables", rappellent les ONG. Or, craignent-elles, "[cet accord] est conçu pour minimiser les différences de réglementation entre les différents pays et régions du monde (…) et pour les harmoniser par le bas". Ce qui aurait non seulement pour effet de rendre possible l'exposition de populations jusqu'ici protégées par des réglementations restrictives -biocides, pesticides, Reach-, mais aussi de tuer l'innovation générée par les contraintes réglementaires. "L'innovation dépend en partie de l'accès à l'information, en particulier aux données sur les dangers des produits chimiques et sur leurs usages. Les règles d'étiquetage et de confidentialité proposées dans le Tafta pourraient rendre encore plus difficile l'accès à des informations vitales sur les substances chimiques dangereuses et les articles qui en contiennent pour les innovateurs, les consommateurs et les organismes de réglementation."

Les ONG rappellent également que les réglementations "vertueuses" adoptées par l'UE, qui lient notamment le pays asiatiques grands fournisseurs de produits manufacturés, "ont permis l'expansion mondiale de politiques de précaution à l'égard des produits chimiques dangereux, pour le plus grand bénéfice de tous et pas seulement des Européens. Avec le Tafta, non seulement cette dynamique risque d'être sérieusement freinée mais pourrait même s'inverser si l'agenda des multinationales prend le dessus sur celui de l'intérêt des populations".

Autre danger pointé par les ONG: que les Etats perdent le droit de réguler de façon plus stricte tel ou tel produit pour des motifs de santé publique ou d'environnement, que ne le prévoit l'échelon communautaire (comme ce fut par exemple le cas pour les contenants alimentaires et le bisphénol A). Pire: des investisseurs étrangers empêchés d'agir dans un Etat par une réglementation trop contraignante pourraient, en vertu du Tafta, engager des poursuites, comme ce fut déjà le cas dans le cadre de l'accord de libre-échange nord-américain Mexique/USA/Canada). "Cette procédure de règlement des différends commerciaux (…) n'est pas menée devant des tribunaux européens, mais devant des panels d'arbitrage secrets, composés d'avocats de l'industrie", rappellent les ONG. Une crainte que la Commission entend calmer, en précisant que "les mesures pour protéger les investisseurs n'empêcheront pas les gouvernements d'adopter des lois et ne les contraindront pas à en abroger. Elles peuvent tout au plus entraîner le paiement d'indemnisations".

Ces négociations adviennent à un moment très particulier pour l'UE: la définition des perturbateurs endocriniens est en train de se construire à Bruxelles. Mais comme le détaille un rapport d'information du député français Jean-Louis Roumégas consacré à la stratégie européenne en matière de PE, elle est en train de s'enliser, prise dans les filets des puissants lobbies de l'industrie chimique transnationale, qui voit d'un très mauvais œil le durcissement des contraintes. Une position partagée par la Commission européenne, lorsqu'elle coiffe sa casquette de négociatrice face aux Américains.

Ce partenariat transatlantique de commerce et d'investissement a pour objet "d'éliminer les obstacles au commerce (tarifs douaniers, réglementations superflues, restrictions aux investissements, etc.) dans un large éventail de secteurs économiques, de manière à faciliter l'achat et la vente de biens et services entre [les deux espaces économiques] qui souhaitent également que leurs entreprises respectives puissent investir plus facilement dans l'autre économie". La Commission européenne a commandé une analyse d'incidence sur les effets potentiels de l'accord envisagé, qui conclut que l'économie de l'Union pourrait en retirer un bénéfice de 119 milliards d'euros par an (soit 545 € en moyenne par ménage de l'Union) et 95 Md€ supplémentaires par an pour l'économie américaine (soit 655 € par famille américaine). "Ces avantages coûteraient très peu parce qu'ils seraient le résultat de l'élimination de tarifs douaniers et de l'abrogation de règles superflues et d'entraves bureaucratiques qui compliquent l'achat et la vente entre les deux côtés de l'Atlantique", précise la Commission sur son site internet.

En matière environnementale, la Commission précise que des "effets secondaires négatifs éventuels du partenariat transatlantique (augmentation des déchets, diminution de la biodiversité et utilisation accrue des ressources naturelles) devraient être largement contrebalancés par les avantages dérivés d'une intensification des échanges de biens et de services environnementaux".

Initialement publié sur Facebook


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QUELQUES ABREVIATIONS

ASCDM : Assemblée des Citoyens du Monde
ASCOP : Assemblée Consultative auprès du Congrès des Peuples
CDM : Citoyens Du Monde
CDP : Congrès des Peuples
CPI : Cour Pénale Internationale
OSC : Organisation de la Société Civile
ONU : Organisation des Nations Unies
RCM : Registre des Citoyens du Monde
TAFTA Transatlantic Free Trade Area (zone de libre-échange transatlantique).
TISA :Trades in Services Agreement
TTIP Transatlantic Trade and Investment Partnership
TCM : Territoires Citoyens du Monde

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